Attitude et philosophie de travail
- Présentation
Ce que je suis, ce que je crois, comment j’évolue.
Ce que je vous présente aujourd’hui, c’est ma vérité et elle n’engage que moi, il y a autant de façon d’être graphiste que de graphistes.
Basiquement, un graphiste traduit en image concrêtes ce que son client veut exprimer.
Il peut aussi aider le client à percevoir l’image positive qui va servir la cause qu’il défend.
Graphiste, ce n’est pas un métier, c’est d’abord une façon d’être, chaque instant, dans la vie de tous les jours. La création est intimement liée à ce que l’on est. Travailler le graphisme c’est travailler sur soi-même. Les images sont des reflets.
Le graphiste utilise sa sensibilité pour percevoir et restituer une image qui doit véhiculer un message défini.
Alors, combien de temps pour réaliser ce logo, cette plaquette, ...? 36 ans.
Un graphiste doit avoir une double compétence : technique et artistique.
-> C’est un technicien dans le sens ou il doit être pragmatique et concretiser des projets, maîtriser des machines, des techniques informatiques et autres (Chaîne graphique)
-> C’est un artiste : il est réveur, passionné, décalé, à coté de la plaque ...
Mais je n’ai pas dis que c’était facile à vivre.
D’ailleurs il est souvent affilié à la maison des artistes (statut fiscal).
Son évolution est liée à son parcours, ses rencontres, son environnement, sa curiosité. Il puise les ressources nécessaires à son travail ou il se trouve. Un environnement favorable (visuel, intellectuel, et sonore) est profitable, un environnement défavorable (inadapté) fera baisser la qualité de son travail.
De même les rencontres humaines sont sans doute très importantes.
Les facteurs émotionnels sont pour le graphiste essentiels, pour cette raison je pense que l’intelligence émotionnelle (voir la biblio) prends une place particulière dans notre travail, même si l’intelligence type QI sur laquelle repose les fondements de l’évaluation traditionnelle des compétences est importante.
Pour ma part mes erreurs de parcours et la pratique de la musique traditionnelle m’a beaucoup apporté du point de vue professionnel. Le sport est sans doute aussi très riche.
Pour être créatif voilà ma ligne de conduite :
- Vous avez le droit essentiel à l’erreur
• sans lequel vous resterez bloqué à ne rien faire
- Vous n’avez pas le droit de n’en avoir rien à faire
• Vous avez la responsabilité de votre travail vis à vis de vos clients
• Vous avez le devoir d’être à votre maxi, mais ce n’est pas toujours facile
- Mais avez le droit de ne pas avoir d’avis (superman c’est pas moi)
- Il faut prendre garde à ne pas prendre trop de risque, tout en osant tout de même.
- Donnez et croyez en ce que vous faîtes.
Ce qui pose le problême essentiel suivant au graphiste :
Comment pouvoir créer un visuel pour un client, qui le représente, sans être lui-même trop présent, apparent ?
La réponse passe par une connaissance la plus importante possible du fonctionnement de la nature humaine, de la sociologie. L’idéal serai de pouvoir substituer la sensibilité du client à son ressenti.
Ce qui n’est d’ailleurs pas facile car le client à déja des clients auxquels il s’adresse. Il interfère dans le travail du graphiste et place au centre de ses revendications ses propres émotions visuelles. Lesquelles sont dictées par tout un tas de facteurs liés à son éducation, sa position sociale, ...
Bien sur pour répondre à ce type de questions il existe tout un tas d’outils de types sondages, études, ...
Qui coutent bien plus que la majorité des travaux que je réalise, et qui dépasse le cadre des budgets que l’on va vous allouer pour faire tourner votre département de com. Surtout à l’heure des économies actuelles.
Vous l’avez compris, être graphiste représente un engagement et donc je vais vous demander un engagement sur deux jours, afin de vous placer un maximum dans la peau du créatif et toucher du doigt les possibilités et limites des graphistes et créatifs avec lesquels vous allez travailler. cela vous permettra d’avoir une idée de la qualité créative d’un travail que l’on vous présente. Qualité qui n’est d’ailleurs et heureusement pas forcément liée à des délires créatifs.
Il est intéressant de remarquer le commanditaire d’un travail n’est pas le client final, il a donc le même problême que le graphiste. C’est donc une mise en garde contre vous même et un engagement à être circonspect face à la création. (Ce qui n’empêche pas d’être enthousiaste).
Je vois que dimanche tu étais en forme.
Tu as mis sur la toile des jours et des nuits de refflexion, sur toi et ton métier, c'est bien.
Ton analyse est à la fois juste et pertinante, car elle peut intéresser aussi bien les gens du métier dont je fais partie que ceux qui n'appartiennent pas à cette corporation mais qui désirent la découvrir.
Ton analyse n'est pas élitiste et c'est tout à ton honneur. Car dans ce milieu on a déjà vu tant de personnes imbues d'eux-même, avec ce sentiment de supériorité si désagréable
Par contre on dit souvent que cette profession est "artistique", c'est à la fois vrai et faux. Et c'est d'aileurs là que j'ai un problème avec ce métier par rapport à un "véritable artiste" comme un peintre ou un musicien par exemple.
Un artiste vit de son art en proposant une démarche, sa propre vision des choses. Après les gens adhèrent ou pas., ils achètent ou n'achètent pas, mais en aucun cas le client va lui demander d'enlever du rouge ou je ne sais quoi dans le tableau parce que ça ira mieux avec les rideaux du salon de sa femme.
Nous les graphistes on ne travaille que sur commande et nous sommes toujours soumis à la subjectivité et à l'interprétation de nos clients. Jamais notre travail est accepté d'un seul coup d'un seul par notre client. Je ne veux pas pas dire que nous avons la science infuse et que seule notre vision des choses est bonne, mais parfois le client n'a pas toutes les clés pour faire aboutir un bon travail.
Et c'est justement parce qu'il commande un travail que le client se sent si impliqué et de fait apporte son jugement, son appréciation.
L'artiste aussi travaille sur commande mais c'est assez rare.
Il y a dans l'histoire de l'art des artistes qui n'ont travaillé que sur commande et généralement ils sont assez mal acceptés par leur confrères. Au 19e siècle Jacques-Louis David en est un exemple type lorsqu'il était le témoin du régime en place en l'occurence Napoléon 1er. Ce qui ne l'empêche pas d'etre exposé au Louvre.
Plus proche de nous, il y a Gérard Garouste qui a été taxé de peintre d'état.
Je pense sincèrement que la profession de graphiste n'a que le nom d'artistique même si pour y parvenir bien des graphistes ont suivi un parcours ou des formations dites artistiques type Beaux Arts, Arts Déco mais attention ce ne sont pas les seules voies pour y pervenir et heureusement, il y a aussi des autodidactes.
En revanche comme tu le dis très justement Nico, le graphisme s'interfère avec des disciplines dites artistiques comme la photo, a musique, la peinture
Mais je crois que le rapport avec l'art s'arrête là, c'est mon point de vue en tout cas.
D'ailleurs je me suis penché sur ce problème il y a peu de temps.
La soeur de ma compagne (la soeur de Céline mon Nico) a intégré un école d'art et elle est venu me demander des conseils pour des sujets qu'elle avait à traiter.
J'étais super content, ça m'a rappelé, 15 ans en arrière, mes études aux Beaux Arts, le vécu en plus.
Je le lui ai suggéré des idées, donner des noms d'artistes à consulter et du coup elle a présenté un sujet qui est allé très loin. Jamais dans mon boulot depuis 9 ans je suis allé aussi loin. Et pourtant ce ne sont que des photos suspendues à des fils formant une cage.
Son prochain sujet traite du secret, je lui ai montré ce qu'on pouvait faire avec des photos numérique et Photoshop (outil de prédilection du graphiste). Le résultat va donner quelque de chose de très dérangeant et un tirage numérique de 80 x 120 cm ! J'adore !!!
Voilà c'était juste pour ajouter ma pierre à l'édifice et pour faire vivre ce blog plein de bonnes intentions de mon pote Nico.
Tchao
Pascal